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L'or monte et les pierres?
Actualité & marché Mars 2026 · Valérie Duraffourg, Gemmologue FGA

L'or bat des records.
Et les pierres précieuses ?

Depuis plusieurs mois, le cours de l'or s'envole. Les tensions géopolitiques, l'inflation, l'incertitude économique mondiale — tout le monde cherche des valeurs refuge. Et la question me revient régulièrement en boutique, parfois timidement, parfois directement : « Et les pierres précieuses, c'est pareil ? » La réponse courte : oui et non. Voici ce que j'observe réellement depuis mon poste de gemmologue.

Pourquoi l'or monte — et ce que ça dit des pierres

Quand le monde va mal, les gens fuient les monnaies et se tournent vers des actifs tangibles. L'or est le premier réflexe : il est coté en temps réel, liquide, universel. Mais certaines gemmes rares répondent à la même logique. Elles sont physiques, non reproductibles, et leur valeur ne dépend d'aucun gouvernement.

Ce n'est pas vrai pour toutes les pierres. Une améthyste ordinaire ne s'apprécie pas en temps de crise. Mais une tsavorite de grande taille, une tanzanite fine, un spinelle birman de qualité — ces pierres-là, oui, elles se comportent comme des réserves de valeur pour qui sait les choisir.

  • Tsavorite
  • Tanzanite
  • Spinelle birman
  • Rubis non chauffé
  • Tourmaline Paraïba
  • Saphir Kashmir
  • Alexandrite
◆ ◆ ◆
Les zones de conflit impactent directement l'approvisionnement

C'est quelque chose que peu de gens réalisent : la géographie des pierres précieuses est aussi la géographie de zones fragiles. Et en ce moment, plusieurs fronts se cumulent.

~33%
de la production mondiale de diamants bruts vient de Russie (ALROSA), aujourd'hui sous embargo du G7 et de l'Union européenne depuis 2024.
Impact direct sur les circuits d'approvisionnement européens.
−35%
Israël est l'un des grands centres mondiaux de taille du diamant, avec Anvers et Mumbai. Depuis le début du conflit à Gaza, ses exportations de diamants polis ont chuté de plus de 35% — et ponctuellement de 93% dans les semaines qui ont suivi le 7 octobre 2023. La guerre se poursuit : les circuits logistiques restent perturbés, les acheteurs internationaux évitent le pays, et les volumes ne sont pas revenus à la normale.
Une partie de la chaîne mondiale de taille du diamant est durablement fragilisée.
Birmanie
L'un des premiers producteurs mondiaux de rubis et de spinelle. La situation politique depuis le coup d'état de 2021 fragilise durablement les exportations.
Les rubis birmans non chauffés de qualité sont devenus très difficiles à sourcer.
Ce que j'observe concrètement dans mon réseau : certaines références que je trouvais facilement il y a deux ou trois ans sont aujourd'hui beaucoup plus compliquées à sourcer. Les délais s'allongent, certains fournisseurs ne répondent plus, et les pièces exceptionnelles partent bien plus vite qu'avant.
Le problème du transport — qu'on oublie souvent

Les pierres ne se taillent pas et ne se transportent pas par magie. Elles voyagent par avion, via des routes commerciales très précises, à travers des hubs comme Dubaï, Anvers ou Bangkok. Quand une région est en conflit, ce ne sont pas seulement les mines qui s'arrêtent : ce sont les liaisons aériennes qui se compliquent, les assurances qui explosent, les intermédiaires qui disparaissent.

Une belle pierre peut exister quelque part dans le monde et pourtant être impossible à acheminer en Europe dans des conditions normales. Plus les tensions durent, plus ces circuits logistiques se fragilisent — et plus les délais s'allongent, quand les livraisons arrivent encore à destination.

◆ ◆ ◆
Faut-il attendre que ça se calme ?

C'est la question que j'entends souvent. Et je comprends l'instinct : attendre que la situation se stabilise, que les prix redescendent, que tout revienne à la normale.

Sauf que le COVID nous a appris quelque chose d'utile là-dessus. Quand les salons ont fermé, que les voyages se sont arrêtés et que les chaînes d'approvisionnement ont été coupées, il a fallu quelques mois pour que les pierres se raréfient réellement sur le sol européen. Beaucoup de personnes ont attendu que la crise se lève pour reprendre leurs achats — en espérant retrouver les cours d'avant. Ces cours ne sont jamais revenus. Parce que la rareté qui s'est installée pendant la crise ne disparaît pas avec elle.

Les conflits actuels ont le même potentiel. Et contrairement au COVID, il n'y a pas de vaccin en vue. Les tensions géopolitiques en Birmanie, au Moyen-Orient et avec la Russie ne sont pas des crises ponctuelles — elles reconfigurent durablement les circuits d'approvisionnement mondiaux.
Et l'or dans tout ça ? Une opportunité à ne pas rater

On parle beaucoup de l'or comme valeur refuge — mais rarement de ce que ça signifie concrètement pour ceux qui en ont déjà chez eux. Des bijoux anciens, des chaînes oubliées dans un tiroir, des bagues dont on ne sait plus quoi faire... L'or qui dort n'est pas de l'or qui travaille.

Quand le cours est au plus haut, c'est précisément le moment de faire le point sur ce que vous possédez. Je peux vous aider à valoriser votre or existant — soit en le transformant en un bijou qui vous ressemble vraiment, soit en vous conseillant sur un rachat si c'est la meilleure option pour vous.

Un point souvent oublié si vous avez un projet de création : le cours de l'or impacte directement le coût de votre bijou. Une monture en or 18 carats aujourd'hui coûte sensiblement plus cher qu'il y a deux ans. Ce n'est pas une raison de renoncer — c'est une raison de bien choisir sa pierre. Un beau bijou en or, centré sur une gemme d'exception, c'est une façon d'accumuler deux formes de valeur dans un seul objet : l'or du métal, et la rareté irremplaçable de la pierre.
◆ ◆ ◆
Alors, l'or monte — et les pierres ?

La réponse honnête, c'est : pas de la même façon, mais oui.

L'or est coté, liquide, universel. Il monte parce que les gens ont peur et cherchent un refuge immédiatement mesurable. Les pierres précieuses ne fonctionnent pas comme ça — elles n'ont pas de cours en temps réel, elles ne se vendent pas en un clic. Leur valeur est moins visible, moins spectaculaire à court terme.

Mais sur le long terme, une belle pierre — une vraie, choisie avec les bons critères — est déjà en temps calme une réserve de valeur solide. Parce qu'elle est rare, non reproductible, et que sa rareté ne fait que s'accentuer avec le temps et l'épuisement des gisements. En période de crise, cette rareté est simplement amplifiée : les circuits s'arrêtent, les stocks ne se reconstituent pas, et les belles pièces disparaissent encore plus vite.

Ce n'est pas de la spéculation. C'est de la géologie, de la géopolitique, et du bon sens.

En savoir plus sur les pierres d'exception

Valérie Duraffourg Gemmologue FGA · La Taillerie · Bellefontaine, Haut-Jura
Depuis 1988
FGA n°801665

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