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Gilbert Duraffourg nous a quitté

Monique, son épouse, Nicolas, Valérie, Florian, Perrine et Marlène, ses enfants ainsi que Léane, Rose, Alicia, Anna, Lucie et Lucas, ses petits enfants, ont la tristesse de vous annoncer le décès de

Gilbert Duraffourg

Survenu le 23 Juillet 2020 dans sa 67 ème année,

 

Un enfant du Jura

 

Gilbert Duraffourg est né en 1953 à La Pesse, un petit village du Haut-Jura. A l'âge de 14 ans, n'aimant pas l'école, il part travailler dans l'usine en face de la maison familiale: une usine de lapidaire. Ce métier traditionel de la région était alors le métier de son père et de ses tantes. Il passera 12 ans dans cette usine pour apprendre toutes les facettes du métier. Le lapidaire étant l'art de facetter toutes les pierres fines et précieuses sur des meules diamantées. La seule pierre qu'un lapidaire ne sait pas tailler est le diamant. 

Fort de ses 12 ans d'expérience dans le lapidaire, il quitte ensuite son usine pour s'installer à Saint Claude et intégrer une usine de diamantaire. Ce métier, totalement différent du lapidaire lui permet d'acquérir les techniques et le savoir faire dans l'art de la taille du diamant. Un art particulier, spécifique à la ville de Saint Claude. Il apprendra également pendant 10 ans toutes les passes dans la taille du diamant (le sciage, le brutage, l'équarrisage et le brillantage) sachant ainsi passer d'un diamant brut à un diamant taillé.

C'est également un homme passionné par le sport et notamment le vélo et la montagne. Il part tous les week-ends dans le massif des alpes à la conquêtes des plus beaux et des plus hauts sommets (il montera 6 fois au sommet du Mont Blanc) Participant à de nombreuses courses de vélo en local également, il aime partir travailler à vélo tous les matins.

Son premier enfant Nicolas, vient au monde en 1980 d'une première union. Marié puis divorcé, il rencontre ensuite Monique et s'installe à Bellefontaine, un village du Haut-Jura, à la frontière Suisse. Toujours salarié dans son entreprise de diamantaire, il fonde alors une famille avec elle. Tout d'abord arrive Valérie en 1986 puis Florian en 1987.

 

Fondateur de la Taillerie

Début 1988, l'activité lapidaire et diamantaire sont deux métiers qui sont sur le déclin. Lorsqu'il se retrouve licencié pour manque d'activité, son patron, Mr Goujon, lui propose de lui laisser tout le matériel nécessaire afin qu'il puisse s'installer à son compte. Faisant parti des rares personnes connaissant toutes les étapes du métier du diamantaire, avec une expérience de 12 ans dans le lapidaire, son patron l'encourage et le motive.

Durant l'été 1988, poussé également par son épouse Monique, il reprend alors l'ancienne écurie du cheval de la fromagerie qu'il rénovera pour y installer son atelier. Le 18 Octobre 1988, il crée la Taillerie, à Bellefontaine. Il est alors le seul lapidaire et diamantaire en France.

Il est sollicité par des entreprises suisses, démarché par des entreprises étrangères en tant que formateur dans le lapidaire, mais sa famille s'aggrandit avec Perrine en 1990 et Marlène en 1993, il préfère rester auprés de sa famille, voir ses enfants grandir et souhaite rester indépendant à Bellefontaine. Il conciliera ainsi une belle vie de famille avec 5 enfants et son métier passion qu'il exerce et présente avec passion auprés de la télévision, des touristes ou des différents joailliers de France. Dans son atelier/magasin, il reçoit les particuliers, il travaille pour les professionels et s'occupe de ses enfants avec sa femme Monique qui est alors conjointe collaboratrice et l'aide à dynamiser son magasin mais également à gérer les enfants.

Il ouvrira dans les années 2000 un magasin au pied des pistes de ski à Bellefontaine pour séparer son magasin de son atelier. Il pourra ainsi concilier son travail pour les professionels dans son atelier et la réception des particuliers et des touristes dans son magasin (tenu en parti par son épouse)

Transmission

Alors qu'il se rend tous les ans sur différents salons, qu'il se rend régulièrement chez des fournisseurs, il aime emmener ses enfants avec lui. Etant l'ainée des filles, j'aime particulière l'accompagner dans ses grand rendez vous professionnels. J'aime déjà me rendre dans son magasin pour créer des bijoux à base de perles. Certains salons sont devenus presque incontournables me permettant d'être avec mon papa mais aussi de découvrir au fil des ans un domaine qui m'intrigue et me passionne. Je dois certaines années laisser ma place à mes frères et soeurs pour cause de scolarité difficile à louper. Ma plus jeune soeur aime également l'accompagner et se prend de passion également pour le métier de lapidaire.

Mais Gilbert Duraffourg ne souhaite pas transmettre son métier, ne le voyant pas comme un métier d'avenir. Le métier de lapidaire disparaît de la France au profit des pays érangers producteurs qui taillent à la source. Il nous décourage, nous montrant avec passion son savoir faire mais ne voulant pas nous entraîner dans un domaine qui va disparaitre. Je décide alors de rester dans le milieu, sans être lapidaire et découvre le métier de gemmologue. Je m'inscris sur une formation de gemmologue internationale, afin de pouvoir travailler avec mon papa, mon métier étant complémentaire du sien.

 

La maladie

Alors que je suis en formation dans l'école de Gem-A de Marseille pour valider ma deuxième année et obtenir mon diplôme de gemmologue internationale, nous apprenons en février 2008 que mon papa est atteint d'un myélome: cancer de la moelle osseuse. C'est à cette même période qu'il devient pour la première fois grand père avec grande fierté. J'obtiens mon diplôme en Mars 2010 alors qu'il vient de subir sa première greffe de moelle osseuse.

Le magasin est tenu exclusivement par Monique, son épouse, l'activité de lapidaire pour les professionnels devient difficile à concilier avec sa maladie. Il arrête donc tous les services de taille et de retaille, ne gardant qu'un magasin accessible à tous. Les rendez vous médicaux s'enchaînent, il décide alors de prendre sa retraite, afin de pouvoir suivre un traitement adapté mais également pouvoir s'occuper de ses petits enfants. C'est alors que je décide de reprendre la Taillerie avec ma maman sous forme de SARL. Gilbert Duraffourg arrête mais la Taillerie perdurera.

 

Grand père retraité

Alors qu'il coupe totalement avec son ancien métier, Gilbert Duraffourg est fier d'avoir transmis son entreprise, mais il reste totalement en retrait. Il préfère garder ses petits enfants pendant les vacances scolaires. Il prend son rôle de grand père à coeur et se détache totalement de l'entreprise familiale.

Aprés une première greffe sans résultat, il subira une seconde greffe, qui ne fera que diminuer l'activité de son cancer, sans le faire disparaître. Toujours amoureux de la montagne, il est heureux de voir son fils Florian partager cette passion et c'est avec des étoiles plein les yeux qu'ils échangent leurs expériences de montagne. Il accompagne fiérement et suit son plus grand fils Nicolas, lors de ses compétitions comme la CCC à Chamonix, la transjurassienne ou la transjutrail. Il continue a pratiquer un peu de vélo et de ski malgré sa maladie, mais il apprécie par dessus tout emmener ses petits enfants faire du ski tous les hivers et leur apprendre le vélo tous les étés. Très impliqué dans la vie de chacun de ses enfants, il ne manque pas de prendre des nouvelles régulièrement de chacun d'entre nous, se faisant du soucis dés qu'un petit grain de sable vient gripper la roue de la vie. Il attendait avec impatience chaque week-end ou il pourrait voir ses 6 petits enfants (5 filles et un garçons) habitant tous à proximité de Bellefontaine.
En 2019 je décide de rénover son atelier pour y installer mon nouveau magasin. Il suit avec intérêt les travaux et l'évolution de son ancien local. Lorsque je m'installe le 6 Juillet 2020, il est fier et heureux de voir ce local tout beau tout neuf et voir revivre l'endroit où il avait créer 32 ans plus tôt l'entreprise qui a fait vivre sa belle famille.

Il nous quitte le 23 Juillet, aprés 12 ans de lutte contre la maladie. Il va nous manquer...